« Je m’en doutais ! » ou comment louper l’effet de surprise

Bon !

Donc, tu as attendu les 3 mois fatidiques.

Ton toubib a regardé la première échographie d’un œil sérieux mais néanmoins satisfait. Il a compté deux bras, autant de jambes, d’oreilles, d’yeux et autres détails utiles. Il a dit : ok.

C’était un « ok » qui sous-entendait la phrase suivante : « Très bien, tout va bien, vous pouvez l’annoncer à votre entourage, faites attention de ne pas trop manger, prenez soin de vous et ne vous fatiguez pas trop non plus ». Je préfère traduire.

Tu es contente, tu sors de l’hosto toute joyeuse, tu sauterais bien partout, mais tu peux pas car tu as un peu mal au dos tout de même. Mais peu importe car : tu vas pouvoir le DIRE.

Le dire aux parents, le dire aux amis, le dire aux copains, le dire aux collègues. Le dire.

Tu as l’impression que tu vas annoncer la méga-nouvelle du siècle, la nouvelle qui relèguerait les premiers pas de l’homme sur la lune au rang d’anecdote.

Mais en fait, non.

Et tu sais pourquoi ? Parce que tout le monde (à quelques rares exceptions près) va te répondre : « Ah ! Je m’en doutais !!! » et va te développer une argumentation que n’aurait pas renié Einstein le jour où il a découvert la relativité.

Tu peux entendre :

. Je m’en doutais, j’ai vu un petit ventre… Mais j’ai pas voulu te vexer…

. Je m’en doutais, tu as l’air fatiguée,

. Je m’en doutais, tu sembles énervée en ce moment,

. Je m’en doutais, tu n’as rien bu l’autre soir et c’est pas ton genre, mouarf,

. Je m’en doutais, ______________________________ (collez ici une argumentation un peu vexante)

La vérité de chez vérité c’est qu’à ces proches, tu avais dit que vous envisagiez un bébé, tu vois… Tu t’es vendue avant même la conception, idiote que tu es.

Du coup, l’annonce confirme globalement les « soupçons », et tu as autant de succès que si tu annonçais que cette année, Noël tombera le 25 décembre.

Ensuite, il y a ceux qui te connaissent un peu moins et qui, délicats, s’inquiètent de la manière dont tu abordes l’arrivée d’un bébé. Ceux-là te disent, l’air un peu inquiet : « Et… tu es contente ? ».

Oui je suis contente, et je suis aussi contente de savoir que ça va pas durer.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s