La métaphore de l’Egypte

La 2ème fois, tu sais que tu reviendras d’Egypte, et ça change tout

Il y a quelques années, je suis allée en Egypte, pour le boulot. Je donnais des cours de sémiologie à des étudiants de l’université du Caire.

Tout s’est bien passé, mais il y a eu des moments difficiles. Pas à la fac, non, mais à l’extérieur. Etre une fille, être occidentale, être blonde, ça fait beaucoup pour passer un séjour tranquille pépère, surtout lorsque tu ne fréquentes pas uniquement les lieux touristiques.

A l’occasion de ce séjour, j’ai vécu quelques moments de détresse qui m’ont amené à penser parfois que… je ne reviendrai jamais. Que je resterai coincée pour toujours sur les bords du Nil, et que toute ma vie je tenterai, sans y parvenir, de traverser à pieds la rue qui mène au musée du Caire place Tahrir. Dans les moments difficiles, il m’est arrivé de penser que je ne reverrai plus la France, que j’allais rester en Egypte à jamais.

Bref.

Je suis rentrée, bien entendu. Comme prévu, et sans encombres.

Lorsque j’attendais mon premier enfant, il y a 7 ans, j’ai eu l’impression, par moments, de revivre mon voyage en Egypte : je n’allais jamais revenir. Pour toujours j’allais ressembler à un phoque échoué. Plus jamais je ne reverrai mes pieds en penchant tout simplement la tête vers le bas. Définitivement, mes chevilles auraient la taille de celles d’un éléphant adulte d’un fort beau gabarit.

Et en fait… Non.

C’est bien foutu, la vie J’ai découvert qu’on pouvait, après avoir été enceinte, retrouver une taille « normale », voire même être mieux dans sa peau qu’avant. Bon, alors ça prends un peu de temps, mais ça se fait. C’est jouable.

Ainsi, comme je suis revenue d’Egypte, je suis revenue de la première grossesse et donc, via ces deux expériences, j’ai appris qu’on peut revenir d’Egypte, comme on peut revenir d’une grossesse. On peut penser que c’est foutu pour toujours, mais non.

Du coup, cette deuxième grossesse, je l’appréhende « un peu mieux » que la première, car la 2ème fois que tu vas en Egypte, tu sais que ton billet de retour est valable. Et ça, ça change tout.

Tu vois, cher lecteur ? C’est ça pour moi, la métaphore de l’Egypte. Tu crois que tu ne vas jamais revenir, mais si. Et tu sais pourquoi ? Tout simplement parce que, au Caire comme dans ton gros bide, sur le Nil comme chez le gynéco, tout ça, ça va pas durer.

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