Le regard des autres

Les autres ? C’est le reste du monde, en dehors de tes proches.

Et donc, lorsque tu « tombes » enceinte (notons que le terme de « tomber » est déjà lourd de sens), les « autres », les « gens », te regardent étrangement, et différemment, selon les situations.

Chez le gynéco

Comme je suis suivie par le gynécologue de l’hôpital, mes rendez-vous ont lieu… à l’hôpital. Donc forcément, attendre pour son rendez-vous signifie forcément patienter aux côtés d’un certain nombre de femmes qui possèdent déjà un certain niveau de bidon.

Et c’est le concours de regards, ça se toise sévère, ça se regarde le ventre, les seins, les chevilles (ça enfle, les chevilles en fin de grossesse, et pas seulement en raison d’une quelconque fierté qui m’échapperait).

Comme tu te fais regarder, tu flippes. Et comme tu flippes, tu regardes aussi. Tu évalues la grossesse des autres, tu les plains, tu as envie de leur dire de changer de chaussures, et accessoirement de mec si elles sont venues avec, mais tu peux pas.

Alors tu retournes le regard sur toi, ton mini-ventre qui bientôt ne le sera plus. Tu évalues tes chevilles, tu pries le dieu des chevilles pour qu’il épargne les tiennes et tu te dis que coup de bol, tu seras au taquet en décembre, et ce qui se verra alors, ce sera tes bottes. Tu penses à t’acheter de nouvelles bottes.

Chez le marchand de journaux

Comme tu n’as pas eu assez d’infos avec les 34 livres que tu as sur la grossesse et les bébés, tu passes chez le marchand de journaux acheter Voici Le Monde. Et là, tu tombes sur le magazine 9 mois. On y parle de plein de trucs hyper importants auxquels tu n’avais pas pensé : les fringues de grossesse, le siège auto du bébé, l’eau avec du magnésium dedans, bref, tu achètes le magazine.

Et là, la propriétaire de la boutique qui te connais (forcément), te regarde d’un air entendu, avec un sourire jusque là. Elle semble tellement heureuse pour toi que tu te dis que si le magazine était pour ta sœur, elle serait déçue, mais bon, tu n’as pas de sœur.

Elle regarde ton ventre. Elle se demande pourquoi tu as aussi pris un paquet de clopes. Elle comprend pourquoi tu as changé de marque de clopes. Elle est partagée, et dans sa tête, tu lis l’équation suivante : elle est enceinte (le magazine) + elle ne l’est pas (les clopes) + ça se voit (son tee-shirt est ample) + mais pas trop (elle porte encore un jean slim). Avant qu’elle n’arrive au résultat de la formule qui serait de te poser LA question, il faut payer, filer. Et  éviter la marchande. Un petit moment.

Enfin bon, je me dis que ce n’est pas bien grave, car ça va pas durer.

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